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Deux chantiers à fort impact, zéro IA

Une PME me demande comment tirer parti de l'IA. Le diagnostic donne deux chantiers prioritaires, et aucun ne relève de l'IA. La grille de quatre critères qui a mené là.

24 août 20265 min de lecture
Deux chantiers à fort impact, zéro IA

« Comment peut-on tirer parti de l'IA ? » C'est la demande qu'une PME m'a faite l'an dernier. J'ai commencé là où je commence toujours : un diagnostic. Le métier, les process, les irritants réels avant toute discussion techno. Verdict : deux chantiers à fort impact, zéro IA. Ces deux chantiers ont été priorisés avec les équipes, puis livrés. Ils sont aujourd'hui intégrés à leur fonctionnement quotidien.

L'IA occupe l'essentiel de mes missions et je suis CTO d'une plateforme SaaS. Ma conviction reste la même : l'IA est un levier technologique parmi d'autres. La compétence rare en 2026 n'est pas de savoir en mettre partout. C'est de voir tôt qu'un besoin présenté comme « de l'IA » est d'abord un problème de process ou de données.

La grille : quatre critères, dans l'ordre

Chaque idée passe donc dans la même grille. Quatre critères, dans l'ordre. Un seul qui coince et le projet ne passe pas.

  1. Le problème coûte-t-il déjà cher aujourd'hui, sans IA ? Signe : quelqu'un s'en occupe à la main chaque semaine et ça coince.
  2. Le problème résisterait-il à un process bien organisé et bien outillé ? Autrement dit : existe-t-il une règle déterministe qui couvre l'essentiel des cas ? Si oui, l'IA est un luxe.
  3. Le gain tient-il une fois tout compté ? Intégration, conduite du changement et maintenance incluses.
  4. Quel écart le livrable peut-il accepter ? Un brouillon relu en interne : beaucoup. Un document officiel envoyé à un client : zéro.

Le cas : des résultats d'analyses qui conditionnent les chantiers

Cette PME réalise des prélèvements sur les chantiers de ses clients et les envoie à des laboratoires d'analyses. Les résultats reviennent la nuit par mail et conditionnent la reprise des chantiers, souvent avant 7h du matin. Une heure de retard et une équipe entière ne peut pas travailler.

Critère 1, validé largement. Toute l'activité transitait par une seule adresse : plusieurs centaines de mails par jour, demandes clients, échanges commerciaux, devis, rapports finaux et, noyés dedans, les résultats de la nuit. Chacun recevait copie de tout. Au petit matin, une personne ouvrait les résultats un par un, identifiait le client, vérifiait le rattachement au bon prélèvement puis transférait. Cette personne absente ou en retard et tout le monde attendait derrière. Les clients, eux, avaient les numéros des commerciaux et des gérants. Ils appelaient directement pour réclamer leurs résultats.

Critère 2 : il coince. Chaque résultat se rattache à un prélèvement et chaque prélèvement à un client. La règle est stricte, sans exception. Le projet d'IA s'arrête là. Les critères 3 et 4 n'ont pas eu à être posés : un seul qui coince suffit.

Ce qui a été livré à la place

  • D'abord la réorganisation : des boîtes mail partagées, créées et structurées, avec migration et formation des équipes. Chaque flux a désormais sa place et son responsable.
  • L'envoi des résultats aux clients a ensuite pu être automatisé : chaque analyse est recoupée avec les données clients et les prélèvements puis transmise à qui de droit, chaque jour, sans intervention. Le fastidieux tri du matin a disparu, les appels de réclamation aussi.

Le symptôme, la cause, l'enjeu

Aucun consultant IA ne vend une boîte mail partagée. Le symptôme était un mail, la cause était organisationnelle, l'enjeu était commercial. Traiter un seul de ces plans n'aurait rien réglé. C'est la situation ordinaire d'une PME : personne, en interne, n'a le mandat de regarder le problème de bout en bout.

Vous avez des idées de projets IA en tête mais vous ne savez pas comment les lancer ? Ils peuvent passer dans cette grille. Écrivez-moi et nous en discuterons.

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