Un assistant IA montré en démonstration : la direction convaincue, les utilisateurs métiers qui n'y trouvent pas leur compte. Il n'a jamais été mis entre leurs mains.
Rien de bricolé pourtant. Deux mois de travail propre de l'équipe technique, à partir de la documentation qu'elle avait reçue. La question qui lui était posée : est-ce que c'est faisable. Elle y a répondu correctement. Celle qui décide d'un déploiement est autre, à quoi sert cet assistant, pour qui, à quel moment de la journée et qu'est-ce que ça change au travail de plusieurs centaines d'utilisateurs métiers. Personne ne l'avait écrite.
Ce que le POC a prouvé, et ce qu'il ne pouvait pas prouver
Ce POC n'est pas une perte et je le dis à chaque restitution. Il a rendu le sujet tangible pour la direction et pour les équipes, ce qu'aucune présentation ne fait. Montrer au métier ce que la techno sait faire ouvre des idées d'usage qu'un atelier à froid ne fait pas émerger. Mais une démonstration ne devient pas un déploiement sur plusieurs centaines de postes par une montée de version.
La techno a changé deux fois de génération depuis. Le blocage n'a pas bougé et c'est encore lui que je croise en cadrage cette année.
Les usages, puis l'expérience collaborateur, la solution en dernier
Je prends ces sujets dans le même ordre depuis toujours. Les usages : ce que les gens font de leurs journées, où ça coince, ce qui leur coûte du temps, ce qu'ils vont chercher trois fois par jour dans une procédure. L'expérience collaborateur : où l'assistant s'insère dans le geste, ce qu'il remplace, qui vérifie quoi. La solution en dernier, une fois connu ce qu'elle doit tenir.
Ça commence par des ateliers avec ceux qui feront le travail et par de l'observation de leur poste. J'en sors avec des usages nommés, les questions qu'ils posent vraiment, un critère de réussite que le métier reconnaît comme le sien. C'est aussi là que se joue l'adoption : une équipe qui a formulé le besoin n'a pas à être convaincue ensuite d'utiliser l'outil.
Le reste suit ce cadrage plutôt qu'il ne le précède. La qualité de la documentation, par exemple, se juge à ce que les usages retenus lui demandent, pas dans l'absolu. Qui met à jour quoi, à quel rythme, avec quelle source qui fait foi : ce sont des questions de process et elles se tranchent avec le métier.
L'IA est un levier, elle ne produit rien seule
L'IA est un levier technologique. Elle ne produit rien seule : il lui faut un process qui tient et des gens qui acceptent de changer leur façon de travailler. Sans expression de besoin, un POC réussi reste un bel objet.
Votre dernier projet IA est parti d'un usage métier ou d'une techno à essayer ? Si vous avez un POC qui plafonne, c'est par là que je reprendrais. Écrivez-moi.
